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Groenland: Trump menace de droits de douane les pays qui ne soutiennent pas son plan
information fournie par AFP 16/01/2026 à 21:49

Le président américain Donald Trump fait un signe de main en en montant à bord de l'avion présidentiel le 16 janvier 2026, à la base d'Andrews, dans le Maryland, à l'est des Etats-Unis ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Le président américain Donald Trump fait un signe de main en en montant à bord de l'avion présidentiel le 16 janvier 2026, à la base d'Andrews, dans le Maryland, à l'est des Etats-Unis ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Le président américain Donald Trump a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le Groenland, au moment où une délégation bipartisane du Congrès américain est à Copenhague pour une visite de soutien au Danemark et au Groenland.

"Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s'ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu'on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale", a déclaré le président américain lors d'une table ronde à la Maison Blanche, répétant son intention d'acquérir ce territoire autonome de l'Arctique, malgré la fin de non-recevoir du Danemark, pays allié des Etats-Unis en tant que membre de l'Otan.

Ses déclarations interviennent après l'annonce d'un renfort de la présence militaire danoise au Groenland et de l'envoi d'une mission militaire européenne de reconnaissance.

Le sénateur démocrate américain Chris Coons à son arrivée avec la délégation bipartisane du Congrès américain à Copenhague, au Danemark, le 16 janvier 2026 ( Ritzau Scanpix / Sebastian Elias Uth )

Le sénateur démocrate américain Chris Coons à son arrivée avec la délégation bipartisane du Congrès américain à Copenhague, au Danemark, le 16 janvier 2026 ( Ritzau Scanpix / Sebastian Elias Uth )

Depuis son retour au pouvoir, il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l'immense île arctique rattachée au Danemark, stratégique, mais peu peuplée. Il a assuré qu'il s'en emparerait "d'une manière ou d'une autre", pour contrer selon lui les avancées russes et chinoises en Arctique.

- Les Etats-Unis invités -

La France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé cette semaine l'envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s'inscrit dans le cadre de l'exercice danois "Arctic Endurance" organisé avec des alliés de l'Otan.

Parallèlement, les Etats-Unis ont été invités à participer à des exercices militaires au Groenland a affirmé vendredi soir le chef du Commandement arctique danois à l'AFP, ajoutant que les exercices militaires sont en rapport avec la Russie.

M. Trump a soutenu récemment que des navires russes et chinois se trouvaient près du Groenland, ce que le le général Søren Andersen a réfuté vendredi lors d'un entretien sur un navire danois.

Vendredi, 11 parlementaires américains ont rencontré la Première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l'existence d'un "désaccord fondamental" avec l'administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes ( AFP / Jonathan WALTER )

La délégation américaine est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d'entreprise. Plus tard dans la journée, elle s'est entretenue avec des membres du Parlement danois où le drapeau groenlandais a été hissé.

La sénatrice républicaine Lisa Murkowski a salué "un bon dialogue" à chacune de ces réunions, et a appelé à "prendre soin" de l'amitié entre les Etats-Unis et le Danemark.

- "Un allié, pas un actif" -

Le sénateur démocrate américain Chris Coons à son arrivée avec la délégation bipartisane du Congrès américain à Copenhague, au Danemark, le 16 janvier 2026 ( Ritzau Scanpix / Ida Marie Odgaard )

Le sénateur démocrate américain Chris Coons à son arrivée avec la délégation bipartisane du Congrès américain à Copenhague, au Danemark, le 16 janvier 2026 ( Ritzau Scanpix / Ida Marie Odgaard )

"Quand vous demandez aux Américains s'ils pensent que c'est une bonne idée que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, la grande majorité, environ 75 %, répondra: +Nous ne pensons pas que ce soit une bonne idée+", a-t-elle dit aux journalistes après la rencontre au Parlement.

"Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif", a ajouté Mme Murkowski.

Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l'impossibilité de s'entendre dans l'immédiat avec les dirigeants américains sur l'avenir du territoire autonome.

Outre Lisa Murkowski la délégation américaine est composée des sénateurs Chris Coon, Dick Durbin, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis du Parti républicain. La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride.

A Nuuk, capitale du Groenland, les habitants saluent leur soutien.

"Le Congrès n'approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n'est qu'un idiot qui parle", assure Kenni (nom d'emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l'AFP. "Mais s'il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s'activer".

- Manifestations en préparation -

Les militaires étaient plus visibles dans la capitale groenlandaise vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP, deux jours après l'annonce du renforcement militaire danois, et l'envoi d'une mission de reconnaissance européenne.

"Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n'a aucun impact sur son objectif d'acquérir le Groenland", a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.

Il est "hors de question" que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, avait répondu le ministre des Affaires étrangères du Danemark Lars Løkke Rasmussen.

Dans ce contexte, d'importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump.

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements à Nuuk et au Danemark dans la capitale du pays, à Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), à l'initiative de plusieurs organisations groenlandaises.

6 commentaires

  • 01:30

    Pas sûr que la ville de Mineapolis soutienne son plan pour le Groenland....Quand aux manifestants Iraniens qui ont cru en Trump, ils se font maintenant tuer par le régime des mollah et le Groenland doit leur sembler bien lointain...


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